Le temps des médias s’oppose au temps des problèmesLe drame qui bouleverse aujourd’hui le pays suscite une émotion légitime. Face à l’horreur, les réactions sont immédiates. Les commentaires se multiplient. Les plateaux de télévision s’animent. Les réseaux sociaux s’enflamment. Chacun cherche à comprendre. Chacun cherche aussi un responsable.Pourtant, au-delà de l’émotion, une question mérite d’être posée :Pourquoi sommes-nous si souvent surpris par des phénomènes qui se construisent sous nos yeux depuis des années ?La violence, la perte des repères, l’affaiblissement du lien social, la défiance envers les institutions, la montée de certaines formes de criminalité ou encore la fragmentation de la société ne surgissent pas en une nuit.Ce sont des phénomènes lents.Ils se développent parfois pendant des décennies.Or notre époque vit dans un temps qui n’est plus celui de la lenteur.Nous vivons dans le temps de l’information continue, de la réaction instantanée, de l’émotion immédiate.En une formule :le temps des médias s’oppose au temps des problèmes.Le média vit de l’événement.Le problème se construit dans la durée.Le média cherche ce qui arrive.La politique devrait chercher ce qui advient.Or c’est précisément cette capacité à voir venir les évolutions profondes qui semble aujourd’hui faire défaut.Nous parlons sans cesse de politique.Jamais les citoyens n’ont été autant exposés aux commentaires politiques.Mais parlons-nous encore suffisamment de l’avenir ?Les débats portent sur les déclarations du jour, les stratégies électorales, les rivalités partisanes, les petites phrases, les sondages ou les rapports de force.Les sujets essentiels, eux, demeurent souvent à l’arrière-plan.Comme si la République passait davantage de temps à commenter les vagues qu’à observer la marée.Cette situation nourrit un sentiment de plus en plus répandu chez de nombreux citoyens :qui pilote encore l’avion ?La formule est volontairement provocatrice.Naturellement, des élus existent, des gouvernements existent, des administrations existent.Mais la question n’est pas là.La véritable interrogation est peut-être la suivante :avons-nous encore des femmes et des hommes d’État capables de penser le temps long ?Car il existe une différence fondamentale entre l’homme d’État et le professionnel de la politique.Le professionnel de la politique doit répondre à l’urgence du moment.Il vit au rythme des échéances électorales.L’homme d’État, lui, accepte de penser en décennies.Il regarde au-delà de sa carrière.Il se demande ce qu’il laissera aux générations qui lui succéderont.Il n’agit pas seulement pour résoudre les difficultés du présent.Il agit pour éviter les crises de demain.C’est précisément cette fonction d’anticipation qui semble aujourd’hui s’effacer.Et lorsque la politique cesse d’anticiper, d’autres institutions sont appelées à intervenir.Il y a quelques années, au cours d’une émission de radio, un intervenant qualifiait les magistrats « d’ambulanciers de la République ».L’image est remarquable.L’ambulancier n’empêche pas l’accident.Il intervient lorsque celui-ci s’est déjà produit.Quelques jours plus tard, évoquant cette formule avec un magistrat il nous fi alors cette remarque saisissante :« Pire que cela, nous sommes les éboueurs de la République. »Cette remarque mérite réflexion.Elle ne traduit ni cynisme ni résignation.Elle exprime au contraire une réalité que nous refusons parfois de regarder en face.La justice ne produit pas la violence.La justice ne produit pas la corruption.La justice ne produit pas les dérives mafieuses.La justice ne produit pas la désagrégation du lien social.Elle intervient lorsque ces phénomènes existent déjà.Le magistrat ramasse ce que la société n’a pas su empêcher.Comme le policier.Comme l’enseignant.Comme le travailleur social.Comme de nombreux agents publics confrontés quotidiennement aux conséquences de problèmes qui les dépassent.Et pourtant, à chaque crise, à chaque drame, à chaque tragédie, le réflexe collectif consiste souvent à se tourner vers ces institutions.Qui a failli ?Quel juge ?Quel magistrat ?Quel service ?Quelle administration ?Ces questions sont légitimes.Mais elles ne devraient jamais être les seules.Car elles risquent de masquer une interrogation plus profonde :pourquoi demandons-nous désormais aux institutions de réparer ce que nous ne parvenons plus à prévenir ?C’est peut-être ici que se situe la véritable crise démocratique.Le politologue Ezra Suleiman a montré combien nos démocraties contemporaines tendent à diluer la responsabilité politique.Les compétences se dispersent.Les décisions se fragmentent.Les responsabilités deviennent difficiles à identifier.À la fin, chacun participe aux décisions mais plus personne n’en apparaît véritablement comptable.Le citoyen, lui, continue pourtant de chercher un responsable.Et lorsqu’il ne le trouve pas, sa confiance s’érode.Alors surgit une question redoutable :à quoi servent encore les responsables politiques ?Cette question n’est pas anodine.Elle constitue peut-être l’un des symptômes les plus inquiétants de notre époque.Car lorsqu’une société cesse de percevoir la capacité de ses dirigeants à anticiper, orienter et protéger l’avenir, elle finit par douter de la politique elle-même.Le danger n’est pas seulement institutionnel.Il est culturel.Nous sommes progressivement passés de la réflexion au réflexe.Nous réagissons avant de comprendre.Nous exigeons des réponses avant d’avoir posé correctement les questions.Nous vivons dans l’immédiateté et attendons de l’immédiateté.Mais les grands problèmes humains ne se résolvent pas à la vitesse des chaînes d’information.Ils exigent du temps.De la lucidité.Du courage.Et surtout une vision.Une République ne manque pas de responsables lorsqu’elle n’a plus d’élus.Elle commence à manquer de responsables lorsqu’elle n’a plus d’hommes et de femmes d’État.Peut-être est-ce là la question fondamentale que nous devrions nous poser collectivement.Non pas seulement après un drame.Mais chaque jour.Car une démocratie peut disposer d’excellents magistrats, d’excellents policiers, d’excellents enseignants et d’excellents fonctionnaires.Si elle ne produit plus de femmes et d’hommes capables de penser le temps long, elle condamne progressivement ses institutions à devenir les ambulanciers puis les éboueurs de ses propres renoncements.Et aucune société ne peut durablement prospérer lorsqu’elle confie à ses services de secours la mission de remplacer sa capacité à prévoir son avenir.
Référendum Italien
Le référendum italien : un sursaut démocratique face à l’ombre longue des systèmes mafieux
Il est des moments où un vote dépasse infiniment son objet.
Le référendum organisé en Italie en mars 2026 appartient à cette catégorie rare : celle des événements qui, sous couvert d’une réforme technique, révèlent une fracture fondamentale dans la vie démocratique.
Officiellement, il s’agissait de réorganiser la justice.
En réalité, les citoyens italiens ont été appelés à répondre à une question autrement plus grave :
la justice doit-elle rester un contre-pouvoir, ou devenir un instrument parmi d’autres du pouvoir politique ?
La réponse, nette, a été négative.
Et ce refus, loin d’être un simple revers pour Giorgia Meloni, constitue un signal politique majeur à l’échelle européenne.
I. L’Italie, laboratoire historique de la lutte contre la capture de l’État
On ne peut comprendre ce vote sans revenir à la singularité italienne.
L’Italie n’est pas un pays comme les autres dans son rapport au crime organisé.
Elle est le lieu où la mafia moderne — Cosa Nostra, mais aussi la ’Ndrangheta et la Camorra — a atteint un degré d’intégration inédit dans les structures sociales, économiques et politiques.
Très tôt, ces organisations ont compris une vérité simple et redoutable :
le pouvoir réel ne se conquiert pas seulement par la violence, mais par l’influence sur les institutions.
L’Italie a ainsi connu, pendant des décennies, une forme d’ambiguïté structurelle :
des partis politiques infiltrés ou compromis
des marchés publics captés
une économie partiellement structurée par des logiques criminelles
Mais l’Italie est aussi le pays où s’est levée une résistance exemplaire.
Le sacrifice de magistrats comme Giovanni Falcone et Paolo Borsellino, assassinés en 1992, a marqué un tournant historique.
À partir de là, un pacte implicite s’est noué entre une partie de la société civile et une magistrature courageuse :
la démocratie italienne ne survivra que si la justice reste indépendante et offensive.
C’est ce pacte que le référendum de 2026 est venu interroger.
II. Une réforme technique… aux conséquences systémiques
La réforme portée par le gouvernement Meloni visait notamment à séparer les carrières entre juges et procureurs.
Présentée comme une modernisation, elle introduisait en réalité une rupture majeure dans l’architecture judiciaire italienne.
Car le modèle italien repose sur une idée simple :
Le procureur n’est pas un organe du pouvoir exécutif, mais un magistrat à part entière.
C’est cette spécificité qui a permis :
des enquêtes longues, cohérentes, indépendantes
une continuité entre instruction et jugement
une capacité à remonter des réseaux complexes, y compris lorsqu’ils touchent les sphères politiques
Remettre en cause cet équilibre, c’est mécaniquement :
fragmenter l’action judiciaire
introduire des dépendances nouvelles
et, à terme, affaiblir la lutte contre les systèmes organisés
C’est pourquoi, en Italie, ce débat n’a jamais été perçu comme purement institutionnel.
Il touche à une mémoire vive, encore douloureuse.
III. Le sens profond du vote :
Une mémoire démocratique active
Le peuple italien n’a pas voté dans l’abstraction.
Il a voté avec en arrière-plan :
les années de plomb
les assassinats de magistrats
les scandales politiques à répétition
et la lente conquête d’un État de droit effectif
Ce que dit ce vote, au fond, est limpide :
La démocratie ne se réduit pas à l’élection — elle repose sur l’existence de contre-pouvoirs réels.
Et parmi ces contre-pouvoirs, la justice occupe une place centrale.
Les Italiens ont refusé de fragiliser cet équilibre, même au nom d’une réforme présentée comme rationnelle.
C’est un acte de lucidité politique.
IV. Une lecture européenne :
Le retour de la tentation de contrôle
Ce référendum ne concerne pas que l’Italie.
Il s’inscrit dans un contexte européen marqué par une tension croissante entre :
d’un côté, des systèmes judiciaires qui ont gagné en autonomie
de l’autre, des pouvoirs politiques confrontés à une judiciarisation accrue de la vie publique
En France, comme dans d’autres pays, les affaires visant des responsables politiques ont nourri un discours récurrent :
remise en cause des juges
dénonciation d’un “gouvernement des magistrats”
volonté implicite de rééquilibrer les pouvoirs
Ce mouvement n’est pas anodin.
Il révèle une inquiétude diffuse :
Si les outils construits pour lutter contre la corruption et le crime organisé devenaient, demain, des instruments de mise en cause du pouvoir lui-même ?
Il ne s’agit pas nécessairement d’une collusion généralisée entre politique et mafia.
Mais il existe, dans certains contextes, une zone grise d’intérêts convergents :
la mafia a besoin d’un État faible ou influençable
certains acteurs politiques peuvent être tentés de limiter les contre-pouvoirs
les deux dynamiques, sans se confondre, peuvent parfois se renforcer
C’est cette zone grise qui alimente aujourd’hui la défiance citoyenne.
V. Le narcotrafic : une nouvelle matrice de corruption systémique
L’Europe est entrée dans une phase nouvelle.
Le narcotrafic, par les moyens financiers qu’il génère, modifie profondément les équilibres :
infiltration des économies locales
pression sur les élus
corruption des circuits administratifs
banalisation de la violence
Ce phénomène rapproche progressivement plusieurs pays européens de situations que l’Italie a connues plus tôt.
Dès lors, une question centrale se pose :
les démocraties européennes sont-elles armées pour résister à cette pression ?
Ou, au contraire, assiste-t-on à une tentative de réajustement des institutions qui, sous couvert d’équilibre, pourrait affaiblir leur capacité de résistance ?
VI. Le message du référendum :
une limite posée au nom du bien commun
Le vote italien trace une ligne claire :
on peut réformer la justice, mais pas au prix de son indépendance réelle.
Ce message est d’autant plus fort qu’il émane d’un pays qui connaît intimement le coût de la faiblesse de l’État face aux organisations criminelles.
Il ne s’agit pas d’un réflexe conservateur.
Il s’agit d’un choix de survie démocratique.
VII. Une responsabilité pour la société civile européenne
Ce résultat ne doit pas rester un événement national.
Il appelle une prise de conscience à l’échelle européenne.
Les sociétés civiles — en France, en Italie, ailleurs — doivent :
renforcer leurs liens
partager leurs analyses
construire des espaces de vigilance communs
Car les dynamiques à l’œuvre dépassent largement les frontières.
Face à des organisations criminelles transnationales,
face à des flux financiers massifs,
face à des pressions diffuses mais réelles,
la réponse ne peut être que collective.
Conclusion : démocratie ou maîtrise apparente
Le référendum italien de 2026 n’a pas seulement rejeté une réforme.
Il a posé une question essentielle à toutes les démocraties européennes :
préférons-nous une démocratie imparfaite mais vivante, ou un système maîtrisé où les contre-pouvoirs sont progressivement neutralisés ?
Les Italiens, forts de leur histoire, ont répondu.
Rien ne garantit que d’autres peuples, confrontés aux mêmes tensions, feront le même choix.
C’est pourquoi ce vote doit être compris, relayé et prolongé.
Non comme un épisode italien,
mais comme un avertissement européen.
Coordination Anti-Mafia, durable et large

Communiqué de la Plateforme Citoyenne de Corse
« S’il n’y avait pas les collectifs, ils (les policiers) ne seraient jamais venus nous chercher, ils sont obligés de répondre à l’opinion.
Quand on crie tous les jours “la mafia, la mafia, il faut saisir leurs biens, comme en Italie, il faut faire des lois”… Ils viennent chez les voyous (or) c’est nous les voyous, ça c’est vrai. »
Cette phrase, issue d’un enregistrement attribué à Jacques Santoni (citée par Le Monde, 30 mars 2021, reprise par les collectifs anti-mafia et par des documents de l’École nationale de la magistrature), est capitale.
Elle confirme ce que nous savons : la société civile, lorsqu’elle se mobilise, peut faire bouger les lignes et contraindre les institutions à agir.
C’est la preuve que la pression de l’opinion publique fonctionne.
Et c’est la raison pour laquelle nous avons décidé de mettre en place une coordination antimafia déterminée, durable et large.
Pourquoi cette démarche ?
Parce que la mafia ne se résume pas à des faits divers ou à quelques règlements de comptes. Elle infiltre :
L’économie (racket, contrôle des marchés publics, BTP, tourisme),
Le foncier et l’agriculture (spoliation, spéculation, accaparement),
La politique locale (clientélisme, tractations municipales sous influence).
Les entreprises et le monde agricole sont les premières cibles : il faut les protéger en les associant pleinement à la résistance collective.
Dans « De quoi la mafia est-elle le nom» , Sampiero Sanguinetti rappelle que la mafia corse n’est pas une pyramide à la sicilienne, mais une mosaïque de bandes criminelles (près de 20 selon le rapport du SIRASCO), couvrant tout le territoire et exerçant une influence politique considérable.
Il souligne le danger de banaliser le mot « mafia », et insiste sur la nécessité de nommer précisément les pratiques pour mieux les combattre.
Les enseignements siciliens de Giovanni Falcone à Paolo Borsellino, de Santino aux mouvements citoyens, la Sicile nous enseigne que :
La mafia est un système de pouvoir, pas seulement une criminalité,
Elle prospère dans la zone grise, là où se croisent crime, économie légale et politique,
Elle ne recule que devant une triple alliance : justice forte, volonté politique claire, mobilisation citoyenne et économique.
L’attente des Corses
Les Corses attendent une justice présente, forte, indépendante.
La coordination que nous construisons doit être un soutien résolu à son action, car seule une justice déterminée peut briser le système mafieux.
Réunion de Corte – 20 septembre 2025
Une réunion fondatrice, qui a eu lieu à Corte le 20 septembre 2025, a réuni :
Les deux collectifs antimafia,
Les associations U Levante, La Plateforme Citoyenne de Corse, Le Garde, Anticor, Si Po Fa,
Le syndicat agricole Via Campagnola, dont le président Pierre Alessandri a été assassiné en mars 2025.
Cette réunion a confirmé la volonté d’une coordination ouverte et durable, appelée à s’élargir le plus possible.
Prochaine étape : conférence de presse à Bastia
Il a été décidé l’organisation d’une conférence de presse :
Bastia – Place Saint-Nicolas
Samedi 4 octobre 2025 – 10h
La coordination appelle à la plus large participation possible.
Il est essentiel que les Corses montrent, par leur présence, que la société civile, le monde associatif, les entreprises et les agriculteurs refusent l’emprise mafieuse et choisissent l’unité.
Notre engagement
La Plateforme Citoyenne de Corse affirme son engagement dans la mise en place de cette coordination.
Parce qu’il n’y a pas de fatalité.
Parce que nous avons la preuve que la pression de la société civile fonctionne.
Parce qu’il est temps de démontrer que, face aux bandes et à leurs complices, la voix du peuple uni pèse plus fort que le déni et la peur.
Ensemble nous ferons front
Porto-Vecchio, entre détresse réelle et stratégie d’influence
Porto-Vecchio, entre détresse réelle et stratégie d’influence
Communiqué de la Plateforme Citoyenne de Corse en réaction à la manifestation de Porto-Vecchio :
La Plateforme Citoyenne de Corse prend acte de la mobilisation de plusieurs centaines de personnes réunies à Porto-Vecchio à l’appel du collectif Uniti pà salvà a noscia attività. Cette mobilisation traduit une inquiétude réelle : celle des entrepreneurs, salariés et familles confrontés aux effets conjugués des crises économiques, de l’inflation, du remboursement des Prêts Garantis par l’Etat, ou encore d’un accès ralenti à la commande publique.
Cette inquiétude, légitime en apparence, ne saurait justifier que l’on prenne en otage l’intérêt général sous prétexte de sauver l’économie.
Lorsque certains, au nom de la survie de leurs entreprises, appellent à une révision anticipée du PADDUC (ce document fondamental qui protège notre territoire contre l’urbanisation sauvage et les dérives spéculatives), nous devons collectivement rester lucides. Il serait irresponsable de remettre en cause ces garde-fous environnementaux au profit de quelques intérêts à courte vue.
Nous voyons poindre, derrière les appels à l’aide, un agenda implicite : celui d’un lobby économique qui tente de se structurer politiquement pour infléchir les règles communes à son avantage. Ce n’est pas une défense de l’économie réelle, c’est une instrumentalisation de la crise pour relancer les vieux réflexes de prédation foncière.
La PCC rappelle que le développement durable ne peut être sacrifié sur l’autel de la conjoncture, et que la responsabilité politique des élus présents à cette manifestation est engagée. On ne peut, d’un côté, se dire attaché à un modèle équilibré pour la Corse, et de l’autre, soutenir des revendications qui visent à détricoter le cadre collectif patiemment construit pour préserver notre bien commun.
La Corse a besoin de vision, de justice sociale, de transitions maîtrisées — pas de régressions habillées en urgences.
L’Association Crim’HALT écrit
Le 01/04/2025 à 12:20, Association Crim Halt’ a écrit :
Victimes innocentes du crime organisé : l’engagement de Crim’HALT « Ici c’est le peuple qui s’est mobilisé »Le 21 mars dernier, à Trapani, en Sicile, lors de la 30ème “Journée de la mémoire et de l’engagement citoyen pour la défense des victimes innocentes de la mafia”, les familles des victimes de la criminalité organisée se sont réunies pour honorer leurs proches et réaffirmer avec force que justice et vérité doivent prévaloir. Crim’HALT, invitée par l’association LIBERA et en partenariat avec DeMains Libres, était aux côtés de la famille de Socayna, cette étudiante en droit assassinée à Marseille en 2023, ainsi que de Jean Toussaint Plasenzotti, cofondateur du collectif antimafia corse Massimu Susini – du nom de son neveu, jeune militant assassiné par la mafia. Ensemble, ils ont porté la voix des victimes et rappelé que la mobilisation citoyenne demeure une arme essentielle contre l’impunité.Notre journaliste Jolan Zaparty s’est rendu à Trapani aux côtés des victimes et livre un journal de bord poignant sur cette immersion. Découvrez son récit dans notre nouvel article !
L’urgence de défendre les victimes du crime organisé Dans une tribune publiée sur Blast, Crim’HALT appelle à une reconnaissance accrue des victimes du crime organisé en France. À l’instar de l’Italie, où le 21 mars est dédié à la mémoire des victimes de la mafia, nous plaidons pour une mobilisation nationale en faveur de ces vies innocentes brisées par une criminalité organisée toujours plus violente dans sa quête de pouvoir. Ensemble, défendons la justice et la dignité pour toutes les victimes.Lisez notre tribune en entier sur BLAST
« Parfois, quand on tire sur la chambre des enfants, ils meurent » Ci-dessus, une photo de Pierre Alessandri, secrétaire général du syndicat agricole Via Campagnola, assassiné le 17 mars 2025. Ce cliché, pris en mai 2019, témoigne d’un homme déterminé qui, déjà à l’époque, faisait face à des intimidations. Dans la nuit du 26 au 27 avril 2019, son usine d’huiles essentielles et sa distillerie avaient été réduites en cendres par un incendie criminel à Sarrola-Carcopino. Crim’HALT s’était alors tenu à ses côtés pour dénoncer ces actes de violence.Mais les criminels ne l’ont jamais lâché. Pierre Alessandri a été retrouvé mort, abattu de deux balles dans le dos. Figure engagée dans la lutte contre la spéculation, les fraudes et les dérives mafieuses, il incarnait une résistance que ses assassins ont sans doute voulu faire taire.Face à cette violence inouïe et au silence des autorités, Fabrice Rizzoli, président de Crim’HALT, lance un cri d’alarme dans une tribune publiée par Politis. Les victimes innocentes s’accumulent, et Pierre Alessandri n’est malheureusement pas le premier à payer de sa vie son engagement.À lire pour mesurer l’urgence d’agir.
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Communiqué du CNB
Le Conseil national des barreaux dénonce les menaces contre la juge
À la suite de la condamnation de Marine Le Pen, le Conseil national des barreaux, qui représente l’ensemble des avocats exerçant sur le sol français, a dénoncé “fermement les attaques visant la présidente de la 11e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris”, dans un communiqué de presse diffusé mardi. “La contestation d’une décision est légitime ; les menaces contre les magistrats sont inacceptables”, juge l’institution avant de rappeler que “l’indépendance de la justice est un pilier de l’État de droit”.
Bénédicte de Perthuis, qui a présidé le procès, fait l’objet de menaces depuis l’annonce du verdict condamnant Marine Le Pen à cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire et quatre ans de prison dont deux fermes sous bracelet électronique. Selon Le Monde, la magistrate bénéficie désormais d’une protection, avec des rondes autour de son domicile.
Lundi déjà, la première présidence de la Cour d’Appel de Paris, avait appelé au “respect de l’institution judiciaire”, alors que se multipliaient, “sur les réseaux sociaux, des attaques personnelles à l’encontre des trois magistrats composant la collégialité”. “Le premier président de la cour d’appel de Paris exprime sa vive préoccupation et rappelle que dans un État de droit démocratique, la critique d’une décision de justice ne peut, en aucun cas, s’exprimer par des menaces formulées à l’égard des magistrats”, indiquait le communiqué.
Le conseil supérieur de la magistrature avait lui aussi pointé, dans le même temps, les réactions “de nature à remettre en cause gravement l’indépendance de l’autorité judiciaire, fondement de l’État de droit”.